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Mois sans tabac: Un succès, mais encore beaucoup de chemin à faire dans la lutte anti-tabac

Le bilan de cette troisième édition du Mois sans tabac est positif, mais il reste encore beaucoup à faire pour réduire le nombre de fumeurs en France…

  • La troisième édition du Mois sans tabac s’achève ce samedi.
  • Elle a rencontré un franc succès avec plus de 241.000 personnes inscrites.
  • Mais la France, encore très en retard sur de nombreux voisins européens, a encore beaucoup de chemin à faire pour réduire le nombre de ses fumeurs.

Un succès. Plus de 241.000 personnes se sont inscrites à la troisième édition de l’opération « Mois sans tabac », qui s’achèvera samedi. Cela représente 84.000 inscrits de plus que l’année dernière, « soit une progression de 54 % par rapport à 2017 », s’est félicitée l’agence sanitaire Santé publique France.

Comment expliquer le succès de cette opération ? Les hausses successives du prix du tabac sont-elles la principale motivation des fumeurs à arrêter la cigarette ? La politique anti-tabac est-elle suffisante ?

Les dispositifs testés avec succès ailleurs fonctionnent

Pour convaincre les fumeurs d’en finir avec la clope, plusieurs outils d’aide à l’arrêt du tabac ont été mis en place pour les participants du Mois sans tabac. « L’application d’e-coaching conçue par l’Assurance maladie en partenariat avec Santé publique France et avec le concours de la Société francophone de tabacologie a été téléchargée près de 86.000 fois », a indiqué Santé publique France, selon laquelle « plus de 21.000 personnes ont eu recours au 39 89, la ligne téléphonique Tabac Info Service ».

« Depuis 2014 et le lancement du grand Plan cancer 2014-2019, la France s’est lancée dans une politique nationale d’ampleur de réduction du tabac, en mettant en place des dispositifs testés avec succès par d’autres pays, européens notamment », retrace le professeur Ivan Berlin, maître de conférences, spécialiste des questions d’addiction au tabac et médecin pharmacologue à la Pitié Salpêtrière, qui participe au Congrès de laSociété francophone de tabacologie, qui se tient ces 29 et 30 novembre.

La « petite pichenette nécessaire »

« Et des moyens ont été mis sur la table pour se doter d’une politique anti-tabac innovante et efficace : fiscalité, paquet neutre, mais aussi recherche scientifique », ajoute-t-il. Une politique qui commence à porter ses fruits puisque la consommation de tabac a globalement reculé en France, avec un million de fumeurs en moins en 2017. « On ne peut que se réjouir de ces chiffres », commente le Pr Berlin.

« L’opération Mois sans tabac a aujourd’hui atteint le grand public, se félicite le Pr Loïc Josseran, président de l’Alliance contre le tabac. Cela pousse les fumeurs à se demander pourquoi ils continuent la cigarette, et pour ceux qui sont prêts à tenter l’arrêt du tabac, cela donne la petite pichenette nécessaire et lance un cercle vertueux de sortie du tabac ».

La hausse du prix du tabac : un moteur

Parmi les mesures politiques mises en place pour réduire le poids du tabac en France : les hausses régulières du prix du paquet de cigarettes, qui aujourd’hui coûte en moyenne 8 euros. « C’est indéniablement un élément très dissuasif, assure le Pr Ivan Berlin. On l’a constaté depuis longtemps chez nos voisins britanniques, dans les pays du Nord de l’Europe ou encore en Australie, où la tarification agressive du tabac a montré de très nets effets sur la consommation des fumeurs ».

Seul problème de cette pression fiscale sur le tabac : « à terme – et cela a déjà commencé —, cette politique va concentrer le noyau dur des fumeurs les plus accros, qui vont s’appauvrir économiquement, et qui ne sont toujours pas sensibles aux mesures de lutte anti-tabac mises en place jusqu’à présent, redoute le Pr Ivan Berlin. Et malheureusement, on est encore loin d’en être à ce point de la lutte contre le tabagisme où il ne reste plus qu’à cibler ces fumeurs les plus enfoncés dans l’addiction au tabac ».

La politique de lutte anti-tabac encore insuffisante

Mais pour l’heure, les acteurs de la lutte anti-tabac estiment que la politique de santé publique en la matière est encore insuffisante. « Poids des lobbys au Parlement, dépendance de Bercy à la fiscalité du tabac, image culturelle encore très forte de la cigarette au cinéma et à la télévision : il y a encore aujourd’hui des freins très forts qui empêchent d’être encore plus ambitieux dans la politique de santé publique de lutte anti-tabac », regrette le Pr Loïc Josseran.

« Il faut dénormaliser la cigarette, arriver à ce qu’il ne soit plus commun de voir quelqu’un fumer, à sortir le tabac de notre environnement quotidien. Arriver à éviter que des femmes enceintes fument durant la grossesse, que les jeunes commencent le tabac, que le tabagisme cesse de progresser chez les femmes, poursuit-il. Or sur ce terrain-là, la France reste considérablement en retard ».

« Très loin de la première génération d’enfants français sans tabac »

Pourtant, « il faut comprendre que le tabac coûte beaucoup plus cher qu’il ne rapporte, souligne le Pr Berlin. En 2010, le tabac a coûté 120 milliards d’euros à la France en traitements de maladies associées, de chimiothérapies et d’arrêt de travail. Résoudre le problème du tabac permettrait de boucher le trou de la Sécu ! Les gens vivraient plus longtemps et en bonne santé ».

Meilleure élève sur le terrain de la lutte anti-tabac, « l’Australie compte aujourd’hui moins de 5 % de fumeurs, grâce aux mesures mises en place ces dernières décennies, rappelle Ivan Berlin. Cela signifie une augmentation de l’espérance de vie en bonne santé. C’est vers ce modèle-là que nous devons tendre ».

Pour les deux médecins, « quand on en sera là en France, que le tabac aura reculé au point où les enfants ne savent pas ce qu’est une cigarette, on aura remporté une grande victoire, mais pour l’heure, on est encore très loin de la première génération d’enfants français sans tabac », déplorent de concert les Pr Berlin et Josseran. « La politique mise en place depuis 2014 aurait dû être lancée il y a vingt ans au moins, ajoute le Pr Berlin, on aurait évité plus de 30.000 morts par an ».

source: https://www.20minutes.fr/sante/2384079-20181129-mois-tabac-succes-encore-beaucoup-chemin-faire-lutte-anti-tabac

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