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Peut-on écraser tous les médicaments pour les avaler plus facilement ?

Écraser un comprimé, ouvrir une gélule et mélanger la poudre avec du yaourt… Tous les moyens sont bons pour éviter d’avaler un médicament, mais ces combines ne sont pas sans risques.

Quels sont les effets indésirables de cette mauvaise habitude ? Quels médicaments peut-on ou ne peut-on pas broyer ? Deux docteures en pharmacie du CHU d’Angers répondent à ces questions.

Peu importe la quantité d’eau, certaines personnes n’arrivent pas à avaler un comprimé. Ce sont souvent des enfants ou des personnes âgées qui ont du mal à déglutir, mais aussi des adultes qui se sont mis une barrière psychologique.

Pour ingérer leur médicament, ils ont recours à des subterfuges – le broyer, l’ouvrir, puis le mélanger – qui modifient leur forme galénique, la forme initiale donnée par les fabricants. Or, elle est tout aussi importante que le principe actif. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de prendre le médicament comme la notice l’indique : « pendant un repas », « sans ouvrir la gélule », « avec un grand verre d’eau », etc.

En cas de difficulté à avaler un comprimé, la première chose à faire est de le signaler à son pharmacien ou sa pharmacienne, rappellent Marie-Anne Clerc et Sandy Vrignaud, docteures en pharmacie du CHU d’Angers. Pour de nombreux médicaments, les fabricants prennent en compte les différents profils des patients et un même principe actif existe sous différentes formes galéniques. Par exemple, si un médecin a prescrit un comprimé à avaler, le pharmacien peut toujours adapter le médicament au patient et chercher une version effervescente.

Trois catégories pour y voir plus clair

Chaque médicament est unique et « il faut toujours vérifier au cas par cas », précisent les deux spécialistes. Cependant, ces trois grandes catégories ci-dessous peuvent aider à déterminer si un comprimé est écrasable ou pas.

– Les comprimés non enrobés

Ce sont les médicaments effervescents, à sucer ou sécables, comme le Doliprane.« En règle générale, on peut les écraser car ils ont été prévus pour libérer rapidement leur principe actif », soulignent Marie-Anne Clerc et Sandy Vrignaud.

– Les comprimés enrobés

Ils sont enrobés d’une fine pellicule, ou « dragéifiés » pour une bonne raison, comme masquer un principe actif qui aurait un mauvais goût, une odeur dérangeante. On ne peut pas les casser en deux car ils doivent être avalés sous cette forme.

– Les comprimés à libération modifiée

De la même manière, ils doivent être ingérés sans être transformés. « Ils sont composés de multicouches, ou de microgranules. Leur forme permet de libérer le principe actif de manière régulière et continue. L’objectif est de réduire la fréquence de l’administration et de maintenir des concentrations efficaces plus longtemps dans le sang. » En un mot, c’est comme si on avalait un distributeur de médicaments : la machine permet de conserver le principe actif et de réguler sa distribution.

Un risque de toxicité

Si les règles indiquées sur la notice ne sont pas respectées, le médicament peut entraîner des effets secondaires indésirables. « Certains principes actifs sont agressifs, ils peuvent provoquer des ulcères à l’estomac. C’est le cas des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), comme le Voltarène », qui est l’un des antidouleurs les plus vendus au monde.

Marie-Anne Clerc et Sandy Vrignaud attirent l’attention sur des médicaments à haut risque, qui ne font pas partie de ces trois catégories : les médicaments à marge thérapeutique étroite. « Leur concentration efficace est très proche de leur concentration toxique. Ces médicaments-là, il ne faut absolument pas les écraser. C’est le cas des anticoagulants », précisent les spécialistes. D’autres médicaments, comme les « anticancéreux par voie orale », peuvent devenir toxiques rien que pour les personnes qui les écrasent, comme les femmes enceintes.

Un risque pour l’efficacité du médicament

L’autre problème, c’est que certains médicaments perdent en efficacité lorsqu’on modifie leur forme galénique. « Il peut y avoir de cas de surdosage et de sous dosage. Si on écrase la forme à libération modifiée, on administre toute la dose d’un coup. À l’inverse, si on écrase un comprimé gastro résistant, il sera détruit par l’acidité de l’estomac. » Les comprimés non enrobés dont le principe actif a un mauvais goût peuvent également dégoûter le patient qui refusera de l’ingérer.

Il n’y a pas que la forme qui compte : le liquide avec lequel un médicament est avalé peut influer sur son efficacité. « Le lait peut entraîner une diminution d’absorption de certains antibiotiques,expliquent, par exemple, Marie-Anne Clerc et Sandy Vrignaud. De même les agrumes, surtout le pamplemousse, interagissent avec les enzymes et accélèrent ou retardent la destruction du médicament. » Le moins risqué reste de prendre le médicament avec de l’eau. Et surtout, de lire attentivement la notice.

La liste des comprimés écrasables est disponible sur le site de la Société Française de Pharmacie Clinique

source: https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/39973/reader/reader.html?t=1545065094435#!preferred/1/package/39973/pub/58070/page/15

 

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