Maladie de Ménière

La maladie de Ménière (ou syndrome de Ménière) se caractérise par des crises répétitives de vertige qui s’accompagnent de sifflements et de bourdonnements d’oreilles (acouphènes) et d’une baisse d’audition allant de quelques secondes à quelques jours. Le plus souvent, une seule oreille est atteinte.
Qui peut en être atteint ? Est-elle présente partout en France et dans le monde ? Quelles en sont les manifestations ? Est-elle contagieuse ?




La symptômes de la maladie de Ménière en bref

La maladie de Ménière touche toutes les populations ; elle atteint aussi bien les hommes que les femmes, chez qui elle est légèrement plus fréquente (60-65 %). Elle apparait habituellement entre 20 et 50 ans mais peut se voir à tous les âges de la vie. Elle est toutefois plus rare chez les enfants et les adolescents. La maladie de Ménière n’est pas contagieuse. Elle se manifeste par des accès de vertiges, des bourdonnements d’oreille et une perte d’audition (surtout des sons graves). Le plus souvent (80 % des cas), la maladie de Ménière ne touche qu’une seule oreille mais elle peut être bilatérale.

[ads]

Les accès de vertiges surviennent brutalement et peuvent durer entre un quart d’heure et plusieurs heures. Parfois précédés par des maux de tête mais souvent sans aucun signe avant-coureur, ces accès commencent généralement par une sensation d’oreille bouchée avec une baisse de l’audition (hypoacousie), et par des bourdonnements, tintements ou sifflements d’oreille (acouphènes) de sévérité variable, le plus souvent d’un seul côté. Au cours de ces crises, le malade a l’impression que tout tourne autour de lui, ce qui provoque des nausées, voire des vomissements. Parfois, les vertiges s’accompagnent de diarrhée, de pâleur et de sueurs.

Dans certains cas, les yeux du malade effectuent des mouvements saccadés, horizontaux, involontaires et de faible amplitude (nystagmus) que l’entourage peut parfois remarquer.
La crise se calme progressivement, l’audition ayant tendance à redevenir normale entre les crises. Il est toutefois fréquent que les acouphènes durent, tout comme, dans certains cas, un mal de tête (migraine) qui peut durer plusieurs jours. Dans certains cas, la sensation de perte d’équilibre et d’étourdissement persiste également quelques jours. Un état de somnolence et de faiblesse succède souvent aux vertiges.

Comment évolue la maladie de Ménière?

Il s’agit d’une maladie chronique. La fréquence des crises est très variable et imprévisible. La plupart des personnes atteintes ont quelques crises par an, mais certaines en ont plusieurs par semaine. Dans certains cas, les crises sont rares et peu intenses, n’occasionnant qu’une gêne passagère, alors que d’autres personnes seront particulièrement affectées par des accès de vertiges fréquents, sévères, pouvant survenir à tout moment, ainsi que par des acouphènes prolongés. Les crises, dont la périodicité et la longueur sont fortement variables, peuvent, dans les cas extrêmes, devenir presque permanentes, accompagnées d’une sensation de déséquilibre continue. Dans quelques cas, les crises vertigineuses s’accompagnent d’une impression d’être violemment poussé aboutissant à une chute, potentiellement violente. On parle alors de crises « otolithiques de Tumarkin ».
Entre les crises, les périodes de rémission peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Il n’existe pas de traitement permettant de guérir la maladie de Ménière, mais les symptômes peuvent être soulagés efficacement dans la plupart des cas. Néanmoins, des complications peuvent persister, et certains malades souffrent à terme d’une perte d’audition définitive plus ou moins importante, et/ou de troubles de l’équilibre quasi permanents (sentiment d’instabilité, de flou, voire d’ébriété). Quant aux acouphènes, ils sont très fluctuants, atteignant leur maximum pendant les crises mais pouvant aller et venir en continu. Ils ne constituent parfois qu’une simple gêne, mais ils peuvent être insupportables pour certaines personnes. Ils persistent parfois à long terme et sont considérés par certains malades comme le symptôme le plus gênant.
De plus, les crises sont souvent impressionnantes pour l’entourage. La personne, en essayant d’adopter la position dans laquelle elle ressent le moins ses vertiges, peut rester totalement prostrée et présenter des signes d’abattement profond, ne réagissant plus aux sollicitations extérieures.
Enfin, 5 % malades environ présentent une forme particulière de la maladie de Ménière, caractérisée par une baisse progressive de l’audition, durant quelques heures ou quelques jours, sans autres manifestations, puis par l’apparition de crises vertigineuses au cours desquelles la surdité disparaît et l’audition se normalise. Cette forme est appelée syndrome de Lermoyez.

A quoi est-elle due ?

La cause exacte de la maladie de Menière est inconnue. Il s’agit d’une maladie de l’oreille interne, c’est-à-dire de la partie la plus profonde de l’oreille, jouant un rôle dans l’audition et l’équilibration (fonction qui permet de garder l’équilibre lors des changements de position de la tête et du corps).
Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer le dysfonctionnement de l’oreille interne. Il pourrait s’agir d’une réaction à des agressions extérieures (virus, traumatismes de tout ordre), d’une allergie ou encore d’un dérèglement du système immunitaire, le système de défense de l’organisme, qui se retournerait contre l’organisme lui-même (origine auto-immune).
Dans certains cas, les symptômes de la maladie de Menière apparaissent chez une personne ayant une affection connue de l’oreille, comme une infection par exemple. On parle alors de syndrome de Menière (qui disparaît généralement lorsque l’affection en cause est guérie).

L’imprévisibilité des symptômes peut générer beaucoup d’appréhension et d’anxiété. Des activités quotidiennes, comme la conduite automobile, peuvent devenir risquées. En outre, même lorsque les crises disparaissent, des complications peuvent persister. Certaines personnes souffrent d’une perte d’audition ou de troubles de l’équilibre permanents et irréversibles. En effet, durant les crises répétées, des cellules nerveuses responsables de l’équilibre peuvent mourir et elles ne sont pas remplacées. Il en va de même pour les cellules responsables de l’ouïe.
Souvent, au début de la maladie, une série de crises survient sur une courte période, allant de quelques semaines à quelques mois. Les crises peuvent ensuite disparaître pendant plusieurs mois ou s’espacer. Il est donc important de consulter un spécialiste si les symptômes lus ci-dessus vous paraissent familiers.

[ads]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *