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Les compléments alimentaires sont-ils vraiment utiles en hiver ?

La littérature scientifique suggère que la supplémentation est inutile dans les pays occidentaux. Elle souligne par ailleurs que ces produits ne sont pas anodins.

De la vitamine C, des probiotiques, du sélénium ou du zinc pour booster son système de défense immunitaire. Ou bien du magnésium et du ginseng pour combattre le stress. Voilà quelques-uns des conseils prodigués sur le net pour aborder l’hiver en forme. Du classique… Et pourtant, l’immense majorité des experts le clame haut et fort: se complémenter est inutile, en dehors de quelques cas particuliers (le fer pour les femmes avant la ménopause, la vitamine D pour les tout-petits…).

Les preuves sur leurs effets bénéfiques brillent,en effet, par leur absence, pour presque tous les compléments alimentaires. Pis: «certaines études commencent à démontrer les effets délétères de la prise de suppléments au long cours», fait remarquer le Pr Serge Hercberg, l’un des principaux initiateurs du Programme national nutrition santé (PNNS).

Des produits populaires dans le monde du «bio»

Selon la législation européenne, transposée en droit français il y a dix ans, les compléments alimentaires doivent «compléter le régime normal», constituer «une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés», mais aussi être «commercialisés sous forme de doses» ou de préparations «destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité.» Cette définition étant posée, les chercheurs pointent du doigt un premier problème.

En France, les enquêtes menées tant par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) que par l’Inserm ont montré qu’un adulte sur cinq et un enfant sur dix ont recours à des compléments alimentaires au moins une fois par an. Et en y regardant de plus près, il s’avère que ces consommateurs sont généralement ceux qui se tournent vers le «bio», avec une assez bonne hygiène de vie. Autrement dit, ce sont les personnes qui ont le moins besoin de compléments alimentaires qui en consomment le plus! Et s’agissant d’aborder l’hiver, le Pr Hercberg est formel: «Même s’il y a davantage de virus qui circulent en hiver, nos défenses immunitaires ne seront guère renforcées par des compléments. Une alimentation équilibrée toute l’année nous protégera beaucoup mieux!»

Interactions médicamenteuses dangereuses

Autre préoccupation des scientifiques: les possibles interactions des compléments alimentaires avec des médicaments. Notamment pour les produits contenant du magnésium. Mais, surtout, depuis la mise en place d’un dispositif de vigilance autour de la nutrition, en 2009, l’Anses a recensé de nombreux effets indésirables que l’on peut attribuer aux compléments alimentaires. Ces effets sont loin d’être anodins. Environ 20 % concernent le foie, 18 % l’appareil digestif, 16 % des allergies et 12 % correspondent à des troubles neurologiques ou psychiatriques.

Les effets délétères ne sont pas moins sérieux, sur le long terme. Comme l’explique le Dr Anthony Fardet, chercheur à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), la façon de l’ingérer compte: avalé seul, en plus des aliments, le complément alimentaire «peut être disponible trop vite et se traduire par un apport massif pour l’organisme ; ou bien perdre de son effet faute de synergie avec d’autres éléments ; voire changer de fonction». Ainsi, des nutriments réputés antioxydants- bénéfiques pour prévenir le risque de cancer – semblent susceptibles de devenir pro-oxydants. C’est assez bien documenté avec le bêtacarotène, ou provitamine A, que l’on prend pour avoir bonne mine. Or il semblerait que ce soit également le cas pour la vitamine C, prise à trop fortes doses. In fine, la seule vraie règle raisonnable à se fixer avant d’aborder l’hiver, c’est de manger de tout, mais sans excès.

source: sante.lefigaro.fr

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